L'entrée en vigueur du Statut de Rome de la Cour pénale internationale, le 01/07/2002, a marqué un tournant dans la civilisation. Ce fut la fin du temps où les crimes de masse motivés par une politique ou une idéologie restaient impunis, parce qu'ils ne pouvaient pas être définis par les éléments délictueux constituant classiquement le meurtre, la séquestration et la coercition. La définition des " crimes contre l'humanité ", telle qu'elle existe dans le Statut de Rome, ne fait pas seulement état de la " commission multiple d'actes " et de la responsabilité pénale des meneurs, mais élargit aussi le spectre des droits protégés : Dans l'article 7, § 1k, sont aussi passibles de peine les " Autres actes inhumains … causant intentionnellement de grandes souffrances ou des atteintes graves … à la santé physique ou mentale ", à condition que ces atteintes soient d'une gravité analogue à celle par exemple du viol, de l'esclavage ou de la déportation. La violence psychologique, pouvant porter atteinte à la santé, en fait ainsi partie. Une grande partie de la violence traditionnelle de ce monde, qui était acceptée parce que " ça a toujours été comment ça " est, en vertu du Statut de Rome, désormais punie par la loi.
Cette plainte arrive à la conclusion que cette définition correspond au régime coercitif de l'Eglise catholique romaine, dirigée par l'accusé, ainsi qu'à la menace anxiogène des tourments éternels de l'enfer qu'elle véhicule. Ces menaces conduisent de nombreuses personnes dans une dépendance mentale maladive et les privent de leur propre conscience dans des domaines existentiels de la vie. Ce n'est que par l'intermédiaire de ce système coercitif que les deux autres crimes contre l'humanité, incriminés par cette plainte, ont pu être possibles. Une appréciation pénale de cet usage du pouvoir exerçant une pression psychologique extrême est d'autant plus appropriée que l'accusé tente de faire oublier le totalitarisme de son système en détournant l'attention par une éloge à tout va de la liberté de religion, que sa propre Eglise foule aux pieds, que ce soit par la manière dont elle traite ses propres membres que par son intolérance agressive envers des concurrents religieux, surtout s'il s'agit de minorités religieuses.
De plus, cette plainte arrive également à la conclusion que l'accusé est pénalement coresponsable de la mort de centaines de milliers, peut-être même de millions de personnes atteintes du sida car, malgré le développement de l'épidémie, il maintient l'interdiction de l'utilisation de moyens de protection contre la transmission du VIH prononcée par l'Eglise, et l'impose en se servant des menaces exprimées par son système coercitif.
Pour finir, la plainte arrive à la conclusion que l'accusé est pénalement responsable de l'augmentation continue des crimes sexuels commis par des prêtres catholiques au cours des dernières décennies. En public, l'accusé simule le dirigeant ecclésiastique pieux qui s'excuse auprès des victimes des criminels pédophiles de l'Eglise et veut empêcher que de telles choses se reproduisent à l'avenir. En réalité, il agit en implacable " parrain " d'un système de dissimulation généralisé en vigueur dans le monde entier, système qui favorise les criminels au détriment de leurs victimes et ouvre chaque jour la voie à de nouveaux crimes.